C'est ce que nous ne cessons de dire ici depuis des mois .... 

Il va être temps de différencier les différentes activités dans les vastes conglomérats bancaires inefficaces et surtout de prendre des mesures préventives, surtout lorsque la prise de risque est excessive. Il n'y aura jamais assez de profit pour couvrir les risques extrêmes et ce sont les risques extrêmes qui doivent être contenus.  Il faut éviter aussi tout effet de contagion à des activités saines et normalement risquées. 

Ok pour les constats, c'est l'action qui importe avant de nouveaux déboires.

Guy Laplagne

Les Echos, no. 22102

Finance & Marchés, jeudi 7 janvier 2016, p. 29


REGULATION

La faible rentabilité des banques inquiète le régulateur

Difficile de trouver le bon curseur ! Après les avoir obligées à renforcer considérablement leurs fonds propres, la Banque centrale européenne (BCE) s'inquiète désormais de la capacité des banques européennes à être rentables. L'origine de leurs profits et la faiblesse de leurs résultats sont même placés au premier rang des facteurs de risque pour le secteur bancaire, estime le régulateur dans un document publié lundi. La BCE craint en particulier que certains établissements ne prennent pas des risques excessifs pour faire de l'argent. « Le risque associé au modèle d'activité et à la rentabilité est le plus prégnant, d'autres risques importants se posant également mais à des degrés divers dans les pays participant au Mécanisme de surveillance unique (MSU) » , explique l'institut d'émission. Ces autres risques sont notamment ceux liés à la qualité de crédit, au niveau élevé de créances douteuses, au comportement et à la gouvernance. Il existe aussi le risque d'un krach de la Bourse et du marché obligataire.

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Reuters économique

Mercredi 6 janvier 2016 - 14:09:06 GMT

La faible rentabilité des banques, priorité cardinale de la BCE

par Francesco Canepa

FRANCFORT, 6 janvier (Reuters) - L'origine des profits des banques européennes et la faiblesse de leurs résultats sont les principaux facteurs de risque pour le secteur bancaire, estime la Banque centrale européenne (BCE), laissant ainsi entendre que la solidité de leurs fonds propres n'est plus sa première préoccupation.

Les banques se plaignent depuis longtemps que les nouvelles et strictes exigences réglementaires en matière de fonds propres restreignent leurs capacités de prêt et que leurs marges souffrent du bas niveau des taux d'intérêt lié aux politiques monétaires ultra-accommodantes.

Pour la BCE, les modèles d'activité et les faibles profits des banques sont ses nouvelles priorités de l'année, l'emportant sur la question de l'adéquation du capital qui préoccupait les autorités de surveillance depuis la crise financière de 2008-2009.

"Le risque associé au modèle d'activité et à la rentabilité est le plus prégnant, d'autres risques importants se posant également mais à des degrés divers dans les pays participant au Mécanisme de surveillance unique (MSU)", explique l'institut d'émission, dans un document publié sur son site.

Ces autres risques sont notamment ceux liés à la qualité de crédit, au niveau élevé de créances douteuses, au comportement et à la gouvernance. Il existe aussi le risque d'un krach de la Bourse et du marché obligataire après plusieurs années de hausse.

La BCE, qui supervise les grands établissements bancaires de la zone euro depuis la fin 2014, a légèrement accentué ses exigences de fonds propres cette année, par rapport à 2015, mais la plupart desbanques concernées ont déjà largement plus de capital qu'il ne leur en faut.

Même si les ratios prudentiels restent une priorité de la BCE, cette dernière se préoccupe davantage à présent des faibles profits de certaines banques et se demande si certains établissements ne prennent pas des risques excessifs pour faire de l'argent.

"L'analyse des facteurs de rentabilité facilitera l'identification des banques souffrant d'une rentabilité structurellement faible", explique l'institut d'émission.

"Dans ce contexte, la supervision consistera particulièrement en un examen des sources de la rentabilité : provient-elle, notamment, d'un abaissement des critères d'octroi des crédits, d'un recours élargi aux financements à court terme ou d'une hausse des expositions aux risques ne correspondant pas à l'appétence pour le risque signalée par la banque ?"

Le communiqué de presse sur les priorités pour 2016 de la BCE dans le domaine de la supervision bancaire (en français): http://bit.ly/1kLEsoU

Le communiqué détaillé sur le site de la BCE dédié à la supervision bancaire (en français) : http://bit.ly/1kLFQI7 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

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