Guy Laplagne

10 janvier 2016

23. Comment reconnaître une banque véritablement alternative, éthique et d’utilité publique

Il y a des choses intéressantes; cependant La Nef reste dépendante réglementairement au Crédit coopératif ... qui est adossé pour des raisons réglementaires au groupe BPCE qui n'a pas grand chose d'alternatif, d'éthique et d'utilité publique, loin s'en faut même... Tout cela est un gadget pour BPCE.

Il reste beaucoup de chemin à faire pour avoir une véritable alternative et ont peut compter sur la BDF et l'APCR pour la freiner au maximum. Le renforcement de la collecte de capitaux propres (avec des parts sociales), de membres du conseil et du directoire et dans les difféentes fonctions ayant les expertises bancaires nécessaires (point de passage obligé!) pourrait renforcer la demande des sociétaires mobilisés de construire une banque différente et véritablement indépendante, forcèment avec un agrément limité. Sinon le développement va rester bien discret.  Guy Laplagne. 

 

Comment reconnaître une banque véritablement alternative, éthique et d’utilité publique

PAR  5 JANVIER 2016

 

C’est le moment de changer de banque : des banques éthiques émergent partout en Europe. Mais comment s’y retrouver ? Si en France, trois des cinq plus grandes banques sont coopératives, cela ne les a pas empêchées de tremper dans la finance spéculative et toxique, au même titre que les banques d’affaires classiques. Heureusement, une nouvelle forme de banque coopérative fait son chemin. Avec un fonctionnement réellement démocratique et des financements socialement utiles, la Nef et le Crédit coopératif contribuent à modifier le paysage bancaire hexagonal. Cette dynamique pourra-t-elle changer le visage de la finance ? Enquête.

C’est la crise financière qui a tout déclenché. « La réflexion a commencé, en 2009, quand nous avons senti qu’il n’y aurait pas de réelle réponse à la crise. Alors nous nous sommes dit : “essayons nous-mêmes” », raconte Marc Bontemps, co-initiateur du projet de nouvelle banque coopérative belge, New B. « Les 40 000 premiers coopérateurs sont arrivés en quelques mois seulement. » Aujourd’hui, New B réunit près de 49 000 citoyens sociétaires, plus de 130 ONG et associations et plus de deux millions d’euros de souscriptions. Elle compte lancer très bientôt un premier produit bancaire pour ses futurs clients : une carte de paiement durable.

La finance éthique, solidaire et écologique connaît une nouvelle dynamique depuis la crise financière de 2008, et pas uniquement en Belgique. En Croatie, pays de quatre millions d’habitants, entré dans l’Union européenne il y a trois ans, un projet de nouvelle banque coopérative et éthique est aussi en train de voir le jour. « Le but est de créer une banque qui soit entre les mains des Croates et de renforcer l’inclusion de la population dans la gouvernance bancaire », rapporte Magdalena Jelić, porte-parole de Ebanka. Créée en 2014, cette coopérative croate pour une finance éthique annonce avoir réuni plus de 70 millions de kunas croates (9 millions d’euros). Elle vient d’envoyer une première demande d’agrément à la banque centrale croate.

Des banques éthiques dans toute l’Europe

À un millier de kilomètres de là, en Allemagne, la banque coopérative écologique et sociale GLS, née dans les années 1970, compte 40 000 sociétaires, 200 000 clients, et revendique 2 000 nouveaux clients chaque mois. En 2014, elle a attribué 1,9 milliard de prêts, dont 600 millions à des projets de production d’énergie renouvelable. Des banques éthiques de ce type existent un peu partout en Europe : Banca Etica (Italie), Triodos (Pays-Bas), Merkur (Danemark), Ekobanken (Suède)... Ces banques sont réunies au sein de la Fédération européenne des banques éthiques et alternatives, la Febea.

En France, le Crédit coopératif, première banque de financement de l’économie sociale et solidaire (ESS), compte plus de 320 000 clients et 44 500 sociétaires. La Nef, coopérative financière créée en 1988, attire près de 36 000 sociétaires et s’approche de plus en plus de son objectif : devenir une véritable banque de plein exercice [1]. Pendant longtemps, les clients de cette petite société financière ne pouvaient y avoir que des placements à terme de plus de deux ans. Pour les comptes chèques (aussi appelés comptes à vue ou encore comptes courants) et les livrets d’épargne, la Nef passe alors par un partenariat avec le Crédit coopératif. Depuis avril 2015, elle est autorisée à ouvrir des livrets d’épargne et des comptes à vue pour les clients professionnels. Ceux-ci doivent être mis en place rapidement.« L’objectif suivant, c’est de proposer des comptes courants aux particuliers d’ici 2018 », indique Nicolas Morand, conseiller à la Nef.

Des banques démocratiques, solidaires, d’utilité publique, transparentes

Le modèle de la banque coopérative n’est pas nouveau, puisqu’il en existe dans le monde entier depuis le XIXe siècle. Du point de vue juridique, le statut dit « coopératif » signifie simplement que la banque appartient à ses sociétaires – citoyens, associations ou entreprises –, qui en ont acquis des parts. Et que la prise de décisions suit le principe « un sociétaire, une voix », quel que soit le nombre de parts acquises. Sur la forme, une banque coopérative n’est donc pas, en tant que telle, nécessairement plus éthique.

L’exemple des banques coopératives historiques françaises le prouvent. Trois des cinq plus grands groupes bancaires du pays, Crédit agricole, Banques populaires-Caisses d’Épargne (BPCE) et Crédit mutuel, sont des banques coopératives. Cela ne les a pas empêchées de développer des activités spéculatives avec leurs filiales de banques d’investissement, ni de financer les énergies polluantes [2] ou l’armement nucléaire (lire notre article « Quand des banques de “l’économie sociale” financent la bombe atomique »). Ni de vendre des produits financiers toxiques, voire de tremper dans des pratiques douteuses (lire notre article « Évasion fiscale, fraudes et manipulations : découvrez le casier judiciaire de votre banque »). Qu’est-ce qui différencie alors les nouvelles banques coopératives de ces grandes sœurs pas toujours recommandables ?

Financer l’agriculture biologique ou l’habitat écologique

C’est que ces banques-là se sont explicitement donné pour mission de contribuer à une finance solidaire, d’utilité publique, transparente et le plus souvent écologique. La Nef, dont l’acronyme signifie « Nouvelle économie fraternelle », s’est engagée à« favoriser l’implication consciente des individus pour que l’argent contribue à une évolution sociale, en plaçant l’être humain au cœur d’une économie plus solidaire et fraternelle » [3]. La banque, dont le siège social est à Vaulx-en-Velin, près de Lyon, s’est aussi dotée d’une charte des valeurs, qui précise par exemple que les fonds déposés à la Nef, réinvestis dans des crédits, sont utilisés pour des projets « qui contribuent à un développement économique durable, dans un esprit de solidarité, dans les domaines culturel, écologique et social ». Et que les ressources de la Nef proviennent en totalité de l’épargne et du capital de ses membres, sans aucun recours aux marchés financiers. Le Crédit coopératif s’est, de son côté, dédié au financement de l’économie sociale et solidaire.

Impossible pour la Nef ou le Crédit coopératif de participer directement au financement de projets d’extraction de charbon ou à la spéculation sur les matières premières dans le monde. En 2014, la Nef a débloqué 1,6 million d’euros de prêts pour l’agriculture biologique et biodynamique, et 620 000 euros pour l’habitat écologique. Le volet « écologie » des crédits de la Nef représente, à lui seul, deux tiers des 21,2 millions d’euros de crédits accordés l’année dernière. Le reste des prêts sont classés dans des volets « sociaux » (par exemple des crèches, des entreprises d’insertion, etc.) et « culturels » (écoles Montessori, librairies...). Et en toute transparence, car la Nef rend publics tous les prêts qu’elle accorde. Toujours en 2014, la Nef a ainsi prêté, 37 800 euros pour un élevage bovin bio avec transformation fromagère en Dordogne, 50 000 euros pour la création d’une microbrasserie artisanale bio dans les Côtes-d’Armor, 12 600 euros à la coopérative locale Énergie partagée en Alsace pour une installation photovoltaïque [4].

Innovations financières et taxe sur les transactions

Au-delà de leur politique originale pour l’octroi de crédits, les banques éthiques françaises se sont aussi distinguées par les produits financiers qu’elles développent : les comptes à terme de la Nef, qui permettent de donner les intérêts du placement à une association partenaire (les Amis de la terre, Amnesty International...) ou à des projets d’énergies renouvelables ; les comptes courants Agir du Crédit coopératif, qui servent à financer l’ESS. Les comptes à terme de la Nef et les livrets d’épargne du Crédit coopératif bénéficient d’ailleurs du label « Finance solidaire » de Finansol, association qui a pour objet de promouvoir la solidarité dans l’épargne et la finance.

La finance éthique a même développé de véritables innovations bancaires. En 2011, le Crédit coopératif a ainsi mis en place une « taxe Tobin » maison : la contribution volontaire sur les transactions de change (CVTC). Soit une contribution de 0,01 % sur le montant des opérations de change, reversée ensuite à des acteurs du développement international. En trois ans, la contribution a produit environ 230 000 euros. Versée notamment à des projets d’énergies renouvelables, d’habitat passif et d’économie d’énergie en Inde, au Maroc et au Mali, cette contribution volontaire représente « la seule véritable innovation financière de ces dernières années », estime Nadine Richez-Battesti, maître de conférences en économie à l’université d’Aix-Marseille, spécialiste de l’ESS et des banques coopératives.

Des banquiers itinérants

Sur le terrain, la Nef a introduit en 2009 une autre forme d’innovation : le métier de banquier itinérant. « L’idée, c’est de faire en sorte qu’une petite structure comme la Nef puisse à la fois s’ancrer sur le territoire, maintenir des sociétaires actifs, et entrer dans une dynamique de développement », explique Béatrice Chauvin, première banquière itinérante de la Nef et auteure d’une thèse sur le sujet. C’est elle qui a lancé cette initiative, sur le modèle des banquiers ambulants de la Banca Etica italienne. Aujourd’hui, la Nef compte six banquiers itinérants implantés aux quatre coins de la France (Caen, Lille, Forcalquier, Marseille, Bordeaux et Strasbourg).

« Les banquiers itinérants sont comme des animateurs de territoire. Ils rendent possible une prise de contact avec les sociétaires. Sur mon territoire, j’ai par exemple mis en place une permanence et des apéros-débats dans un café coopératif que la Nef avait financé, décrit Béatrice Chauvin. Les banquiers itinérants arpentent le territoire pour faire remonter des affaires. Mais nous ne sommes pas dans le démarchage commercial classique. Nous créons des groupes de sociétaires bénévoles. Nous pouvons leur demander s’ils connaissent tel ou tel projet sur leur territoire. »

Des sociétaires impliqués dans le fonctionnement de la banque

La Nef compte aujourd’hui une trentaine de ces groupes de sociétaires bénévoles, et une poignée d’autres sont en cours de création. « Notre fonction est d’aller voir les porteurs de projets et de relayer, décrit Annick Proix, sociétaire à la Nef depuis 2003 et membre du groupe créé il y a quelques mois dans les Alpes-de-Haute-Provence.Nous sommes 280 sociétaires dans le département. Tout le monde n’est pas forcément au courant de ce qui se passe sur le terrain. Nous voulons montrer à nos sociétaires ce que devient leur argent. Les groupes locaux jouent aussi un rôle dans la démocratie interne de la Nef. « En préparation de l’assemblée générale, nous discutons des résolutions qui seront proposées. Nous suivons des formations »,explique Annick Proix. Des débats sont organisés avec les sociétaires. Par exemple, les livrets à court terme qui vont être lancés doivent-ils être ouverts à tous ou uniquement aux sociétaires ? Les groupes locaux débattent aussi des entreprises qui bénéficient de prêts, et des sociétaires siègent aussi au sein des comité régionaux de crédit.

Au Crédit coopératif, seuls les sociétaires qui sont des personnes morales – c’est-à-dire des associations et entreprises de l’ESS – ont un droit de vote dans les assemblées générales. « C’est pour protéger le modèle de la banque, explique Imad Thabet, responsable de la vie coopérative au Crédit coopératif. Pendant longtemps, le Crédit coopératif finançait exclusivement l’économie sociale et solidaire. Trois quarts de l’activité se font toujours avec l’ESS. Mais les particuliers sont évidemment invités aux assemblées générales, et nous avons créé un poste d’administrateur réservé aux sociétaires particuliers. »

Comment être une banque éthique tout en étant « adossée » à un groupe ?

Dans les deux banques, un événement a fait bondir une partie des sociétaires : l’adossement, décidé en 2002, du Crédit coopératif à la BPCE. Un rapprochement qui concerne aussi la Nef, par ricochet, puisque la petite banque éthique est en partenariat avec le Crédit coopératif pour les comptes chèques et les livrets d’épargne qu’elle propose à ses clients. « Les débats ont été houleux dans les deux banques », signale la chercheuse Nadine Richez-Battesti. Cet « adossement » doit permettre au Crédit coopératif de se refinancer au même taux que le grand groupe bancaire BPCE. « Nous ne sommes pas une filiale de la BPCE, insiste Imad Thabet.C’est plutôt le contraire. Dans une coopérative, c’est la base des sociétaires qui détient les caisses locales, qui elles-mêmes détiennent la banque nationale. C’est le modèle des banques populaires. » Le Crédit coopératif détient ainsi 1 % du capital de la BPCE.

Il n’empêche. Le lien entre les deux banques a de quoi refroidir les citoyens qui cherchent, dans le Crédit coopératif et la Nef, des banques alternatives totalement indépendantes des dérives de la finance. Comment, tout à la fois, être la banque de référence de l’économie sociale et solidaire et se retrouver adossée à un groupe bancaire dont la filiale d’investissements, Natixis, a été largement impliquée dans la crise de subprimes de 2008 ? Comment, tout à la fois, être une banque pionnière du financement de l’agriculture biologique et des énergies renouvelables et se trouver liée, même par un intermédiaire, à un groupe qui a consacré 11 milliards d’euros aux énergies fossiles depuis 2009 [5] ? L’équation est difficile. La Nef veut la résoudre en devenant une banque de plein exercice dans les prochaines années. Ce qui rendrait de fait caduc le partenariat avec le Crédit coopératif.

La concentration fait obstacle aux banques alternatives

Le paradoxe tient en partie dans la concentration du monde bancaire. Tout particulièrement en France, où la loi de 1984 sur la banque universelle a favorisé le modèle des très grandes banques. Les cinq plus grandes banques de France, BNP, Société générale, Crédit agricole, BPCE et Crédit mutuel, contrôlent à elles seules 85 % du marché bancaire français [6]« Nous nous sommes retrouvés, au début des années 2000, à être la seule banque de taille moyenne dans le paysage bancaire français. Et comme nous faisons, comme toutes les banques, des prêts à long terme mais des dépôts à court terme, nous avons eu besoin de nous refinancer. Or, le coût de ce refinancement dépend de la taille de la banque. Le Crédit coopératif s’est alors retrouvé avec un coût de refinancement plus élevé que le taux de crédit accordé à ses clients », détaille Imad Thabet. Adossé aux réserves de la BCPE, le Crédit coopératif est considéré comme un acteur plus solide sur les marchés. Et profite de taux plus bas. « Nous sommes entrés dans le groupe des Banques populaires pour profiter des mêmes taux de refinancement. Mais sur la base d’un protocole qui préserve l’autonomie du Crédit coopératif. »

Est-il donc aujourd’hui impossible de voir se développer en France des banques alternatives comme l’allemande GLS, qui propose tous les services d’une banque de plein exercice, tout en restant totalement indépendante ? Ou comme le groupe néerlandais Triodos, né en 1980 et présent dans cinq pays européens, qui finance l’ESS et propose des placements durables, le tout sans adossement à un autre groupe bancaire [7] ? « Les réglementations européennes et internationales ne sont pas du tout adaptées aux banques coopératives, et rendent très difficile l’émergence d’un nouvel organe bancaire, explique Nadine Richez-Battesti. Déjà, elles ne reconnaissent pas les parts des sociétaires comme des fonds propres. Alors que le sociétariat, contrairement à l’actionnariat, est très stable. Les sociétaires ne reprennent presque jamais leur part. »

Une analyse confirmée par Nicolas Morand, de la Nef : « La réglementation n’est pas très adaptée pour nous, alors que notre capital et très solide. Notre principal risque est de faire le lien entre les épargnants et les emprunteurs sur une création d’activité dans des secteurs pour lesquels, au départ, nous n’avons pas de vision claire de leur réussite à venir – par exemple sur l’agriculture bio dans les débuts de la Nef, ou, aujourd’hui, sur l’habitat groupé. »

Le développement des banques éthiques est-il en péril ? « Le danger est que la régulation pousse à uniformiser », craint Béatrice Chauvin. Tout en regardant du côté du système de banques scandinaves Jak : « Lorsque des gens épargnent,cela donne droit à des points. Ensuite, il est possible d’emprunter sans taux d’intérêt, en payant juste les frais de fonctionnement. Et les personnes qui ont épargné mais n’ont pas besoin d’emprunter peuvent transmettre leurs points d’emprunts à d’autres. » De quoi inspirer de nouvelles expériences de banques alternatives ? « Je pense de toute façon que la solution se trouve dans les formes de proximité. Dans les territoires. » Alors en 2016, on change de banque ?

Rachel Knaebel

Illustration : un billet de 60 milliards d’euros édité par l’association Attac pour incarner le montant de l’évasion fiscale réalisée en France avec le soutien direct ou indirect des grandes banques.

 

 

Notes

[1La Nef a été créée comme association en 1979, mais n’est devenue une société financière qu’en 1988.

[3Dans le préambule aux statuts de la coopérative.

[4La Nef et a aussi noué un partenariat avec l’association Énergie partagée pour financer des projets citoyens d’énergies renouvelables.

[5Comme le rappelait une étude d’Oxfam et des Amis de la Terre début novembre.

[7La banque Triodos n’est pas coopératif mais sous gouvernance d’une fondation.

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09 janvier 2016

22. Pourquoi les banques ne tremblent pas (encore) devant Orange

Effectivement la partie est loin d'être gagnée: Orange va devoir faire des choix très robustes comme nous l'avons déjà dit ici. Les banques vont aussi riposter comme elles l'ont fait avec ING Direct en son temps. Le régulateur protège aussi les banques classiques avec de fortes barrières à l'entrée. L'assurbanque est globalement un échec, les banques des constructeurs ou de la distribution avaient des objectifs très réduits.
 Les clients ne se précipitent pas non plus vers la banque en ligne (souvent détenue par les banques classiques et sélective) ni la banque mobile. Nous sommes sur une évolution en 10 ou 15 ans pendant lesquels il faudra supporter des investissements et des pertes avec des recettes bien maigres. Guy Laplagne.
 
L'Usine Nouvelle.com
Vendredi 8 janvier 2016 - 16:30 GMT+1
Pourquoi les banques ne tremblent pas (encore) devant Orange

Oui, les banques surveillent de près les faits et gestes d'Orange, qui va essayer avec Groupama de les alléger de quelques parts de marché...

 

Mais elles ne tombent pas des nues : l'opérateur n'est pas le premier grand groupe extérieur au secteur à essayer de les concurrencer.

 

Les géants de la distribution et de l'automobile ont déjà tenté leur chance, mais de manière moins ambitieuse.

 

Orange tente une incursion dans le secteur bancaire avec Groupama. Coup de tonnerre pour les banques ? Pas tant que cela : elles ont déjà essuyé les tentatives de conquêtes de nombreux groupes de l'automobile et de la grande distribution.

 

Le groupe dirigé par Stéphane Richard a annoncé le 4 janvier un partenariat avec la filiale bancaire de Groupama. Les négociations toujours en cours entre les deux sociétés pourraient conduire Orange à racheter 65% de la banque en ligne. Les 35% restants demeureraient aux mains de l'assureur.

 

Des attaques multiples

 

"Les banques subissent les assauts d'acteurs extérieurs à leur secteur depuis de nombreuses années", souligne Sylvie Monthorin-Racapé, managing director chez Investance, cabinet de conseil en organisation dédié à l'évolution du monde de la banque, de la finance et de l'assurance.

 

Dès 1974, Renault a lancé ce qui s'appelle aujourd'hui RCI banque, une branche spécialisée dans le crédit à la consommation et dans l'assurance auto. Au départ concentrée sur l'automobile, la filiale du groupe propose depuis juin 2015 à ses clients vivant au Royaume-Uni d'ouvrir un compte épargne classique, comme pourrait le faire un établissement bancaire traditionnel.

 

Même mouvement dans le monde de la grande distribution : Carrefour a créé un département financier en 1981 (Carrefour Banque), qui a notamment développé une carte de crédit. Il offre une série de produits financiers à ses clients (crédit à la consommation, produits d'épargne et d'assurance), venant directement concurrencer ceux des banques.

 

Un temps précieux

 

Les acteurs traditionnels de la finance ne se contentent pas de subir des attaques de grands groupes extérieurs à leur secteur : pour préparer l'explosion de l'utilisation des sites bancaires mobiles, ils ont eux-mêmes essayé de mettre un pied dans la téléphonie. En 2005, le Crédit Mutuel était la première banque à proposer à ses clients des forfaits mobiles. BNP Paribas a suivi en 2011, en collaboration avec... Orange!

 

Pour mettre le pied dans des secteurs méconnus, les entreprises optent souvent pour des partenariats ou des joint-ventures, mais décident aussi parfois de développer des structures en interne. Orange n'a pas pu opter pour cette dernière option, car "dans le monde de la finance, les barrières à l'entrée sont importantes. En s'associant à Groupama banque, l'opérateur disposera directement d'un agrément bancaire, ce qui devrait lui faire gagner beaucoup de temps", explique Sylvie Monthorin-Racapé.

 

Un temps précieux pour l'opérateur, dont le projet est très ambitieux : il veut aller plus loin et plus vite que Renault, Carrefour, et tous les grands groupes tricolores qui avaient jusque-là tenté des incursions dans le secteur financier. L'entreprise veut générer dans ce seul champ 400 millions d'euros de chiffre d'affaires dès 2018, projetait le PDG Stéphane Richard en mars 2015, lors de l'annonce de la nouvelle stratégie d'Orange, Essentiel 2020.

 

Un début d'expérience dans la banque

 

Services de banque au quotidien, d'épargne, de crédits et d'assurance... La future Orange Banque, dont le lancement est prévu pour 2017, sera une banque mobile à part entière. Pour développer une offre solide, l'entreprise compte embaucher des banquiers et mise aussi sur sa petite expérience des services financiers : son service de paiement et de transfert de fonds Orange Money a attiré sur le continent africain plus de 15 millions d'utilisateurs, même si les enjeux ne sont pas les mêmes qu'en Europe, car la population est là-bas beaucoup moins bancarisée.

 

L'opérateur a également lancé en Pologne en octobre 2014 une banque en ligne. Orange Finanse a été développée en partenariat avec mBank, filiale du groupe allemand Commerzbank. L'application mobile compte plus de 100 000 utilisateurs.

 

Orange veut également capitaliser sur l'expérience des 500 salariés que totalise Groupama banque. Mais la filiale de l'assureur n'était pas sa première option : elle aurait préféré travailler avec Boursorama ou le Crédit Mutuel Arkéa (les négociations avec les deux sociétés n'ont pas abouti).

 

La banque en ligne n'est pas dans une forme olympique : en 2014 un peu plus de 4500 nouveaux comptes seulement ont été ouverts, c'est deux fois moins que l'année précédente. Pour redresser la barre, l'opérateur va devoir déployer une stratégie efficace dans un secteur très règlementé où ses concurrents, les acteurs traditionnels du secteur, fourbissent déjà leurs armes...

 

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http://www.usine-digitale.fr/article/pourquoi-les-banques-ne-tremblent-pas-encore-devant-orange.N372503

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21. Les banques ont supprimé 600.000 emplois dans le monde depuis 2008

Les réductions de postes sont excessives dans certains cas, en agence de détail. Beaucoup de clients ne sont pas suivis par le ou les canaux qu'ils ont choisis, sans harcèlement commercial excessif. 
Il commence à se dessiner aussi des déficits en compétences pour apporter de la valeur au clients malgré une tarification en hausse. Cela finira par poser la question de l'évolution de conseillers sous qualifiés à terme même s'ils sont Bac+5. L'investissement en compétences est notoirement insuffisant.
Ensuite,  la tarification devrait évoluer à la basse compte tenu de la progression de l'automatisation et de la coproduction des opérations par la clientèle. 
Enfin beaucoup de fonctions ne sont pas correctement dotées (risque opérationnel, risque de non conformité à la réglementation dont blanchiment, organisation des process...) et les régulateurs acceptent trop ce sous investissement qui finira par se traduire par des déboires. Guy Laplagne.
 
Le Figaro.fr
Samedi 9 janvier 2016 - 08:00 UTC +01:00


Actu-Eco Entreprises

Les banques ont supprimé 600.000 emplois dans le monde depuis 2008

Rhrissi, Lina

 

À la suite de la crise financière, les banques ont perdu plus d'un demi-million d'employés en sept ans. Mais selon le site Bloomberg, c'est avant tout la révolution digitale du secteur qui est en cause.

 

Malgré le poids grandissant de la finance dans nos sociétés, le secteur bancaire n'est pas épargné par les baisses d'effectifs. L'agence Bloomberg observe dans un article que les banques ont supprimé environ 600.000 postes à travers le monde depuis la crise économique de 2008. Parmi les institutions aux coupes les plus sévères, l'américaine Citigroup, présente dans plus de 100 pays, a supprimé plus d'un tiers de ses effectifs, soit près de 140.000 salariés. Comme dans beaucoup d'autres banques, les plans sociaux se sont enchaînés, aussi bien en salle de marché qu'en agence. Et ce mouvement n'est apparemment pas près de s'arrêter. Citigroup a encore prévu 2000 licenciements d'ici à 2016. La banque HSBC, quant à elle, a annoncé la suppression de 25.000 postes avant 2017. En Europe, l'allemande Deutsche Bank prévoit un plan d'économie de 4,7 milliards d'euros et 26.000 licenciements d'ici à 2018.

 

Côté français, Société générale, notamment touchée par l'affaire Kerviel, a supprimé des milliers de postes depuis 2008. Elle prévoit désormais la fermeture de 400 agences sur les 2221 qu'elle compte d'ici à 2020, soit 20% de son réseau. La restructuration passera par le «non-remplacement» de 3000 départs à la retraite, promet la banque. Cette situation fait néanmoins peser un climat lourd dans l'entreprise. Le 9 décembre, dans une lettre adressée à Emmannuel Macron, le syndicat Force Ouvrière reproche à la banque le paradoxe entre son «absence totale de reconnaissance à l'égard des salariés» et ses très bons résultats (1126 milliards d'euros au troisième trimestre de 2015).

 

L'arrivée du «Big Data»

 

La crise des subprimes a touché de plein fouet le secteur financier et les taux d'intérêt durablement bas affectent la rentabilité globale des banques. Mais les évolutions en oeuvre sont aussi la marque d'une tendance plus profonde: la digitalisation en cours dans le milieu bancaire. De nombreuses opérations historiquement réalisées par des salariés sont désormais automatisées. En salle de marchés, les achats/ventes d'actions d'entreprises, de devises ou encore de «credit default swap» (produits dérivés financiers par lequel le vendeur garantit l'acheteur en cas de défaillance d'une tierce partie) sont de plus en plus dévolus aux ordinateurs.

 

En outre, l'utilisation du «Big Data» (traitement informatique de données massives) en banque d'investissement permet de mieux identifier les besoins des clients. La division de banque d'entreprise et institutionnelle (CIB) de BNP Paribas, qui emploie 29.000 personnes, a annoncé en novembre dernier qu'elle étudiait le Big Data dans le cadre de son programme de réduction massif des coûts.

 

Une évolution tournée vers les smartphones

 

En banque de détail, cette évolution est aussi liée à l'engouement croissant des clients pour la banque mobile, qui vide les agences. D'après une étude publiée par la Fédération bancaire française (FBF), plus de la moitié (52%) des Français se rendaient dans leur banque plusieurs fois par mois en 2010. Aujourd'hui, il ne sont plus que 21%, soit une personne sur cinq. Un changement qui pousse les banques à développer des applications mobiles où l'on peut obtenir des informations, réaliser directement des transactions, «chatter» avec son conseiller bancaire... D'autre banques choisissent d'externaliser cette branche d'activité, comme l'a fait la Société générale en rachetant cette année la banque en ligne Boursorama.

 

Si le secteur n'est plus créateur d'emplois, les investisseurs bénéficient eux pleinement de cette évolution. La numérisation des opérations a permis de reduire le coût des transactions financières. Par exemple, explique Bloomberg, échanger des bons du Trésor américains coûte aujourd'hui cinq fois moins cher que lorsque cette pratique n'était pas automatisée.

 

Voir aussi :

 

http://www.lefigaro.fr/societes/2016/01/09/20005-20160109ARTFIG00010-les-banques-ont-supprime-600000-emplois-dans-le-monde-depuis-2008.php

 

Note(s) :

 

Mise à jour : 2016-01-09 08:00 UTC +01:00

 

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http://www.lefigaro.fr/societes/2016/01/09/20005-20160109ARTFIG00010-les-banques-ont-supprime-600000-emplois-dans-le-monde-depuis-2008.php

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08 janvier 2016

20. 40 ans d'Ethic : mais au fait, Sophie de Menthon, qu'est-ce qui a changé chez les patrons pendant ce temps-là ?

Mention Bien pour le brevet de poudre aux yeux et de langue de bois! 

Bilan de relations sociales dans l'entreprise à l'eau de rose: les patrons font tout ce qu'il faut, les syndicats font de la luttte des classes (n'ayons pas peur de la caricature!). 

Si la négociation collective existait vraiment, il y aurait moins de place pour les lois. 

Quant à la RSE, volontariste et au delà des exigences légales, restons lucides: c'est à peu près le grand désert et toutes les parties prenantes subissent les externalités négatives des entreprises, sauf exception. 

Le lobbying intense ultra libéral de toutes ces officines du patronat (en lutte intestine) est loin de rendre service aux entrepreneurs et masque surtout la nécessité pour les entreprises de développer leur dynamisme par un dialogue permanent avec les différentes parties prenantes au lieu d'aller au plus facile (délocalisations) et d'attendre des aides de l'Etat en geignant sans cesse (faisons le bilan du pacte de responsabilité et du CICE) , afin de réduire le chômage et de renforcer les compétences des salariés tout au long de la vie active pour être plus compétitifs. 

Ce sera le défi des nouvelles générations.  Place aux jeunes partout! Guy  Laplagne.


Lire aussi: 

Du profit de l’entreprise au bien collectif

LE MONDE ECONOMIE | 07.01.2016 à 11h50 | Par 


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/07/du-profit-de-l-entreprise-au-bien-collectif_4843272_3234.html#kxJO2AYQbIYAfhIR.99

 

Atlantico (site web)

Vendredi 8 janvier 2016 - 08:54 UTC +01:00

40 ans d'Ethic : mais au fait, Sophie de Menthon, qu'est-ce qui a changé chez les patrons pendant ce temps-là ?

Sophie de Menthon

Depuis 40 ans, le mouvement Ethic a permis de modifier la perception de l'entreprise et du patron et cette transformation est absolument fondamentale pour bâtir une économie de confiance. Sa présidente, Sophie de Menthon, revient sur le rôle et les enjeux de ce mouvement à l'influence décisive pour le développement de l'entreprenariat en France.

Atlantico : Votre mouvement fête ses 40 années d'existence, quel changement avez-vous constaté?

Sophie de Menthon : À sa fondation l'acronyme d'ETHIC signifiait " Entreprises à Taille Humaine, Industrielles et Commerciales". Lorsque j'ai été élue à sa tête, il y a 20 ans, j'ai modifié l'intitulé pour "Entreprises à Taille Humaine, Indépendante et de Croissance "afin d'axer le mouvement sur la liberté d'entreprendre et l'éthique comme facteurs de croissance. Le Mouvement ETHIC a toujours été à l'avant garde des relations sociales dans les entreprises " il n'est de richesses que d'hommes" c'est notre conviction. Jamais subventionné ni financé par des aides publiques, ETHIC est un mouvement libre et indépendant qui est une photographie de l'ensemble des entreprises françaises : des grosses sociétés du CAC 40 aux TPE, en passant par des ETI et PME et même un auto-entrepreneur. 17 fédérations adhèrent également à notre mouvement.

Avec un management plus horizontal où le créateur d'une société est un salarié comme les autres, la rôle des patrons a-t-il évolué?

On est finalement passé en 40 ans du paternalisme à des relations entrepreneuriales fermement syndiquées. Les syndicats dits « maison » qui mettaient de l'huile dans les rouages du dialogue social ont été remplacés par des syndicats plus politisés, dans la lutte des classes, virulents et misant toujours sur le rapport de force. Les acquis sociaux conquis depuis 40 ans se sont accompagnés, me semble-t-il, d'un durcissement des relations humaines qui n'a rien apporté. Le patron d'hier, surtout les patrons de PME, faisait en quelque sorte de la RSE sans le savoir, il se sentait impliqué, engagé humainement dans son entreprise et par ses salariés. Aujourd'hui, avec un code du travail, de plus en plus lourd, la normalisation excessive a cadenassé la spontanéité des chefs d'entreprise. La France a peut être gagné les 35h mais elle a perdu en dynamisme, en bien être et en croissance. A-t-on gagné au change ? Nous avons changé de monde, les patrons aussi en même temps que leurs salariés... Il faut s'adapter et ETHIC est un mouvement très réactif qui s'adapte au jour le jour, comme ses membres.

Comment Ethic accompagne-t-il les entreprises ?

ETHIC est à la fois un "SOS adhérent" un porte parole, un lobbyiste, un défenseur des droits, une antenne de réflexion... L'instantanéité médiatique, les nouvelles technologies, la mondialisation des échanges... tout ce contexte fait que le temps de l'entreprise n'est pas celui de l'Etat (le processus législatif pour faire passer une loi prend plusieurs mois) et contrairement aux syndicats patronaux qui mènent des négociations sans fin, ETHIC bénéficie d'une souplesse et d'une réactivité qui lui permettent d'interagir plus rapidement et facilement aux enjeux qui se posent pour les entrepreneurs.

Quel rôle a joué ETHIC pour faire évoluer la perception du monde de l'entreprise ?

Notre mouvement a beaucoup gagné en notoriété et en influence parce que nous avons eu des intuitions qui se sont révélées justes, nous réagissons en temps réel et avec bon sens. Lorsque j'ai lancé l'opération « J'aime ma boîte » il y a treize ans, j'y ai associé le mouvement ETHIC. À l'époque, l'idée était étrange. "Les entreprises ne sont pas faites pour être aimées" m'avait rétorqué Ernest-Antoine Seillière, l'ex-président du MEDEF. Contrairement à cette idée reçue et au discours médiatique qui se repaît de salariés exploités et en « burn out », plus de 75 % d'entre eux aiment leur entreprise... Et depuis 13 ans que le baromètre existe ! ETHIC a contribué à faire changer la perception de l'entreprise et cette transformation est absolument fondamentale pour bâtir une économie de confiance, solide. Il reste encore beaucoup à faire de ce côté là. Il faut non seulement que les entrepreneurs puissent avoir confiance, mais aussi et surtout que les politiques leurs fassent confiance. Qu'on libère l'entreprise, qu'on cesse de l'espionner, de l'encadrer et de la contraindre inutilement. Trop vouloir "protéger" fragilise.

La RSE n'est-elle pas secondaire aujourd'hui par rapport à l'enjeu de la relance de la productivité des entreprises, dont les gains permettent d'investir et d'innover ?

La RSE est le nerf de la guerre économique c'est même un facteur de rentabilité et de productivité. La réussite d'une société dépend également du bien-être de ses employés, du bonheur de ses fournisseurs, de ses partenaires... Il est indispensable de créer de bonnes conditions de travail afin de permettre la satisfaction individuelle de chaque salarié qui doit à la fin de sa journée se sentir fier de ce qu'il a fait. Le travail doit être suffisamment qualitatif quel qu'il soit, pour alimenter l'estime de soi et l'estime des autres. Plus un employé est valorisé, plus il se sent impliqué dans son travail et a envie de mieux faire. Une entreprise ne progresse que si ses salariés progressent et pas uniquement en terme de technicité. La RSE concerne aussi l'écologie et les entreprises par leurs activités contribuent aux émissions de Co2 , aussi doivent elles être des acteurs de la lutte contre le réchauffement climatique. Au moment de la COP21, nous avons lancé la "charte du geste écolo dans son entreprise". Chaque salarié peut ainsi se comporter en citoyen responsable de l'environnement, comme il le fait chez lui : trier ses déchets, proposer des ampoules à basse consommation, etc. En terme de RSE, il ne faut pas laisser les politiques s'approprier et réglementer les avancées, cesser d'imposer des dictats qui nuisent à l'initiative et au développement. Les entreprises libérées de carcans juridiques sont capables de faire mieux que la loi !

Quel avenir pour ETHIC en 2016? Quels sont les combats qui restent encore à mener?

L'avenir d'ETHIC sera dicté par l'environnement réglementaire, économique et social qui est un combat permanent. Il faut libérer l'entreprise, faire de la pédagogie au quotidien, prendre la parole dans les médias pour nos membres qui n'osent pas ... Il faut militer pour un équilibre toujours précaire en matière de rémunérations . Revaloriser le travail, redonner de la puissance à la liberté individuelle ... Mon rêve : que plus jamais personne dans une entreprise ne se sente pas responsable ! Enfin, notre grand chantier est de convaincre les Français de la nécessaire réforme de l'Etat à travers les valeurs de libertééquité etresponsabilité.

Note(s) :

Mise à jour : 2016-01-08 08:54 UTC +01:00

Illustration(s) :

40 ans d'Ethic : mais au fait, Sophie de Menthon, qu'est-ce qui a changé chez les patrons pendant ce temps-là ?

© 2016 Atlantico (site web)

http://www.atlantico.fr/decryptage/40-ans-ethic-mais-au-fait-sophie-menthon-qu-est-qui-change-chez-patrons-pendant-temps-sophie-menthon-2528700.html

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19. Panne géante chez HSBC au Royaume-Uni

Il va être temps pour les banques de se regénérer, au lieu de tomber dans la torpeur bureaucratique. Les risques opérationnels ou de non-conformité à la réglementation sont bien réels et il convient sans cesse d'y consacrer les compétences et les moyens nécessaires. A force de vouloir accroître sans cesse les bénéfices, on finit par le perdre de vue et les autorités de régulation (APCR en France) laissent trop dériver. Il faudra en payer le prix en termes d'impacts de tous ordres. Guy Laplagne. 

Panne géante chez HSBC au Royaume-Uni

ETIENNE GOETZ / EDITEUR WEB | LE 05/01 À 16:07, MIS À JOUR À 17:15


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021597495350-panne-geante-chez-hsbc-au-royaume-uni-1189710.php?DgxubkJjZfEDxyg4.99

Depuis près de 24h, des milliers de clients de HSBC ne peuvent plus accéder à leurs comptes bancaires via Internet. Il s’agit de la deuxième panne d’envergure en moins de 6 mois chez la banque britannique.

Décidément, les banques britanniques ont quelques peines avec leurs réseaux informatiques. Des milliers de clients d’HSBC au Royaume-Uni ne pouvaient toujours pas consulter mardi, pour le deuxième jour consécutif, leur solde bancaire ou effectuer des opérations via les services en ligne en raison d’un incident technique touchant le réseau informatique.

Lundi, déjà un problème similaire concernait l’application mobile de la banque. Ce dernier a été résolu un peu plus tôt dans la journée de mardi, mais le service peut être ralenti, prévient la première banque britannique.

Prélèvements indus

Par ailleurs, selon le « Financial Times », certains de ses clients auraient été prélevés de 5 livres de frais pour découvert quand bien même leur compte était suffisamment provisionné. Sur son fil Twitter, l’établissement assure que « les frais pouvant découler de cette interruption seraient effacés ».

La raison exacte de cette panne n’a pas encore été communiquée. Sur Twitter, la banque explique avoir « identifié un problème technique avec ses services bancaires en ligne » et « s’efforce de résoudre le problème ». Selon une source du « Financial Times » , il pourrait s’agir d’une attaque par « déni de service », consistant à saturer de connexions un site Internet pour le rendre incapable de répondre à toute demande.

Fin août, HSBC avait déjà été victime d’une panne intervenue un vendredi, jour de paye. Le salaire de nombreux britanniques n’avait alors pas pu être versé. A l’époque, c’était le BACS, le système des paiements électroniques, qui était en cause. HSBC n’est pas la seule banque à connaître des déboires de la sorte. En juin, son concurrent RBS n’avait pas été en mesure d’effectuer quelque 600.000 transactions.

Réaction politique et colère des clients

Le président de la Commission du Trésor de la chambre des Communes, Andrew Tyrie, a fustigé ce nouveau raté technique de la principale banque d’Europe: « A peine six mois après le dernier problème de ses systèmes informatiques peu performants, HSBC s’excuse encore auprès de ses clients ». « La fréquence de ces pannes dans les services financiers témoigne d’un défaut structurel dans l’infrastructure des communications. Je vais demander au directeur général de HSBC et aux régulateurs d’expliquer ces pannes et d’agir pour les prévenir. Elles ne font que se répéter », a-t-il dénoncé.

Un certain nombre de clients bloqués appelaient à l’aide , d’autres se moquaient de leur banque ou la critiquaient vertement sur les réseaux sociaux. « Il faut que je paie l’apport personnel pour la maison mais le service bancaire en ligne de HSBC est toujours en panne après deux jours! », s’inquiétait ainsi Leah Sargeant du Gloucestershire (sud-ouest de l’Angleterre) sur Twitter, où Tristan Bailey, de Brighton (sud-est), ironisait : « Formidable, la panne du système internet de HSBC entraîne l’encombrement de ses lignes téléphoniques ».


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021597495350-panne-geante-chez-hsbc-au-royaume-uni-1189710.php?DgxubkJjZfEDxyg4.99

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18. La faible rentabilité des banques inquiète le régulateur

C'est ce que nous ne cessons de dire ici depuis des mois .... 

Il va être temps de différencier les différentes activités dans les vastes conglomérats bancaires inefficaces et surtout de prendre des mesures préventives, surtout lorsque la prise de risque est excessive. Il n'y aura jamais assez de profit pour couvrir les risques extrêmes et ce sont les risques extrêmes qui doivent être contenus.  Il faut éviter aussi tout effet de contagion à des activités saines et normalement risquées. 

Ok pour les constats, c'est l'action qui importe avant de nouveaux déboires.

Guy Laplagne

Les Echos, no. 22102

Finance & Marchés, jeudi 7 janvier 2016, p. 29


REGULATION

La faible rentabilité des banques inquiète le régulateur

Difficile de trouver le bon curseur ! Après les avoir obligées à renforcer considérablement leurs fonds propres, la Banque centrale européenne (BCE) s'inquiète désormais de la capacité des banques européennes à être rentables. L'origine de leurs profits et la faiblesse de leurs résultats sont même placés au premier rang des facteurs de risque pour le secteur bancaire, estime le régulateur dans un document publié lundi. La BCE craint en particulier que certains établissements ne prennent pas des risques excessifs pour faire de l'argent. « Le risque associé au modèle d'activité et à la rentabilité est le plus prégnant, d'autres risques importants se posant également mais à des degrés divers dans les pays participant au Mécanisme de surveillance unique (MSU) » , explique l'institut d'émission. Ces autres risques sont notamment ceux liés à la qualité de crédit, au niveau élevé de créances douteuses, au comportement et à la gouvernance. Il existe aussi le risque d'un krach de la Bourse et du marché obligataire.

© 2016 Les Echos. Tous droits réservés.



Reuters économique

Mercredi 6 janvier 2016 - 14:09:06 GMT

La faible rentabilité des banques, priorité cardinale de la BCE

par Francesco Canepa

FRANCFORT, 6 janvier (Reuters) - L'origine des profits des banques européennes et la faiblesse de leurs résultats sont les principaux facteurs de risque pour le secteur bancaire, estime la Banque centrale européenne (BCE), laissant ainsi entendre que la solidité de leurs fonds propres n'est plus sa première préoccupation.

Les banques se plaignent depuis longtemps que les nouvelles et strictes exigences réglementaires en matière de fonds propres restreignent leurs capacités de prêt et que leurs marges souffrent du bas niveau des taux d'intérêt lié aux politiques monétaires ultra-accommodantes.

Pour la BCE, les modèles d'activité et les faibles profits des banques sont ses nouvelles priorités de l'année, l'emportant sur la question de l'adéquation du capital qui préoccupait les autorités de surveillance depuis la crise financière de 2008-2009.

"Le risque associé au modèle d'activité et à la rentabilité est le plus prégnant, d'autres risques importants se posant également mais à des degrés divers dans les pays participant au Mécanisme de surveillance unique (MSU)", explique l'institut d'émission, dans un document publié sur son site.

Ces autres risques sont notamment ceux liés à la qualité de crédit, au niveau élevé de créances douteuses, au comportement et à la gouvernance. Il existe aussi le risque d'un krach de la Bourse et du marché obligataire après plusieurs années de hausse.

La BCE, qui supervise les grands établissements bancaires de la zone euro depuis la fin 2014, a légèrement accentué ses exigences de fonds propres cette année, par rapport à 2015, mais la plupart desbanques concernées ont déjà largement plus de capital qu'il ne leur en faut.

Même si les ratios prudentiels restent une priorité de la BCE, cette dernière se préoccupe davantage à présent des faibles profits de certaines banques et se demande si certains établissements ne prennent pas des risques excessifs pour faire de l'argent.

"L'analyse des facteurs de rentabilité facilitera l'identification des banques souffrant d'une rentabilité structurellement faible", explique l'institut d'émission.

"Dans ce contexte, la supervision consistera particulièrement en un examen des sources de la rentabilité : provient-elle, notamment, d'un abaissement des critères d'octroi des crédits, d'un recours élargi aux financements à court terme ou d'une hausse des expositions aux risques ne correspondant pas à l'appétence pour le risque signalée par la banque ?"

Le communiqué de presse sur les priorités pour 2016 de la BCE dans le domaine de la supervision bancaire (en français): http://bit.ly/1kLEsoU

Le communiqué détaillé sur le site de la BCE dédié à la supervision bancaire (en français) : http://bit.ly/1kLFQI7 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

© 2016 Reuters économique. Tous droits réservés.

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17.Les acteurs non bancaires se font une place au soleil des services financiers

 

Espérons surtout que les clients bancaires vont retrouver davantage de concurrence (dans un univers véritablement régulé) et d'accompagnement dans leurs projets robustes car les banques classiques sont de plus en plus à bout de souffle, augmentant sans cesse la tarification tout en dégradant les services avec une totale inertie des institutions chargées de les réguler. 

Guy Laplagne

Finyear (site web)

Mercredi 6 janvier 2016 

Les banques risquent de se faire Amazoner


Entretien avec Damien Guermonprez Président de Lemon Way, Payment Solutions for the New Digital Economy. articles liés Devoir de vigilance : un difficile équilibre entre maÃ

Entretien avec Damien Guermonprez Président de Lemon Way, Payment Solutions for the New Digital Economy. articles liés Devoir de vigilance : un difficile équilibre entre maîtrise des risques fournisseur et réalité économique ? La numérisation concerne tous les secteurs L'assurance-crédit à la carte, nouvelle innovation d'Ellisphere Hubert de Vauplane - rapport Blockchain Frédéric Lévy-Morelle, Fondateur CEO de Look&Fin Damien Guermonprez Damien Guermonprez bonjour, jusqu'où peut aller la désintermédiation de la finance ?

Il est certain que nous avons atteint une étape supplémentaire dans la désintermédiation des professions financières avec l'arrivée des pratiques de la finance collaborative, les plateformes de financement participatif mettant directement en relation porteurs de projets et investisseurs.

Mais on assiste aussi au mouvement inverse avec l'arrivée de nouveaux intermédiaires qui accentuent l'intermédiation comme les sites comparateurs ou certains sites de crowdlending qui agissent en tant que courtiers pour les acteurs historiques du crédit à la consommation.

Si nous avons l'impression que le mouvement de désintermédiation se poursuit dans le secteur bancaire, c'est que la vitesse des transactions s'accélère au même rythme que la pénétration digitale qui nous laisse penser qu'il y a moins d'intermédiaires. Ils sont souvent aussi nombreux que dans le passé mais exécutent plus vite les opérations bancaires et se font davantage discrets, voire transparents.

Pensez-vous que les FinTechs banque peuvent un jour supplanter les banques ?

Les banque n'ont pas attendu les FinTechs pour investir dans la technologie. A l'inverse, les FinTechs sont capables d'évoluer pour devenir des banques. Oui, certaines FinTechs deviendront des banques, c'est une certitude. Certaines en ont déjà le statut mais se gardent d'en avoir l'apparence pour donner une image plus moderne.

Qu'apportent les FinTechs pour les clients ?

L'assurance de traiter avec un spécialiste contrairement aux banques qui ont souvent privilégié une approche généraliste. La certitude aussi d'être surpris par une façon nouvelle de répondre à un besoin. Enfin, un prix souvent inférieur quitte à ne pas avoir le confort d'un service client apporté par une agence bancaire.

Comment les acteurs de la FinTech se positionnent-ils dans l'univers de la banque et du paiement ?

Les FinTechs se concentrent, de façon disruptive, sur un seul produit comme le ferait un « category killer » face à un hypermarché bancaire. Elles répondent de façon immédiate à un besoin grâce à une technologie « temps réel » difficile à imiter pour les banques qui fonctionnent avec une technologie « batch » sur des systèmes robustes mais moins agiles.

Quelles solutions proposez-vous en termes de paiement mobile, et comment pourrait se développer ce marché ?

Lemon Way est née en 2007 pour offrir des solutions de paiement mobile. Nous sommes devenus les spécialistes en répondant aux multiples usages qu'en font les utilisateurs. Notre marché démarre plus rapidement en Afrique comme on pouvait s'y attendre. Nos solutions couvrent tous les types de terminaux utilisés et nous sommes agnostiques en termes d'opérateurs télécom, ce qui représente un avantage concurrentiel important. En Europe, le développement du paiement sans contact va enfin permettre le décollage du paiement mobile car il fallait que l'utilisateur y trouve un avantage par rapport à l'utilisation de sa carte de paiement, moins présente en Afrique.

Les FinTechs peuvent-elles faire tomber toutes les barrières ?

Non, la barrière règlementaire ne tombera pas car c'est l'intérêt de personne. Elle est la garantie de développer un système qui dure dans le temps en évitant les excès. Ainsi, le développement des « crypto currencies » ne se fera que de façon encadrée ou ne se fera pas. Plus généralement, l'adoption de nouvelles marques ou solutions par le grand public est possible parce que la confiance est là. Les nouvelles directives européennes en matières de Services Financiers ont fixé un cadre qui protège les consommateurs, renforce la transparence et crée les conditions nécessaires à une saine émulation entre les acteurs dans un espace économique plus important que les Etats-Unis. Si des barrières sont tombées, ce sont celles entre les pays de cet espace européen. Cela crée des opportunités pour une génération entière d'entrepreneurs FinTech.

Quelles seront les FinTech de demain ?

Celles qui auront séduit le plus grand nombre d'utilisateurs par leur usage étonnement simple, sans défaut et vendu au juste prix.

Quelles menaces pour les banques contraintes de remettre en cause leur traditionnel business modèle?

L'offre des banques est souvent peu différenciée et tend à le devenir de moins en moins avec la disparition programmée de nombreuses agences qui faisaient la différence sur le terrain. Donner l'accès de leurs données aux TPPSP (Third Party Payment Service Providers) représente une des menaces les plus importantes pour elles car elles perdront l'avantage que représente le contrôle de l'information, la matière première de la banque.

L'énorme avantage qu'auront ces nouveaux acteurs, les TPPSP, en dehors du fait d'apporter aux clients la valeur ajoutée qu'ils attendent, est de pouvoir le faire à partir de données en provenance de plusieursbanques, ce que ces dernières ne pourront pas faire. C'est un peu comme si les banques devenaient les marchands d'un Amazon qui connaitrait mieux leurs clients qu'elles. En d'autres termes, elles risquent de se faire « Amazoner ».

Damien Guermonprez, merci d'avoir répondu à nos questions et rendez-vous très prochainement dans un nouveau numéro de Finyear. © Copyright Finyear. Propos recueillis par la rédaction de Finyear.

© 2016 Finyear (site web). Tous droits réservés.

http://www.finyear.com/Les-banques-risquent-de-se-faire-Amazoner_a34965.html

 

La Tribune (France), no. 5871

Focus, mercredi 6 janvier 2016, p. 11

Les acteurs non bancaires se font une place au soleil des services financiers

Christine Lejoux

L'opérateur de télécommunications Orange a annoncé le 4 janvier être entré en négociations exclusives avec Groupama Banque, en vue de lancer son offre de banque mobile début 2017. Un secteur également convoité par les géants du Web.

Il est évidemment trop tôt pour savoir si Orange, qui a annoncé le 4 janvier être entré en négociations exclusives avec Groupama pour racheter 65% de la filiale bancaire de l'assureur, s'imposera dans les services financiers. Mais la seule décision de l'opérateur de télécommunications de se développer dans la banque mobile tend à prouver qu'il existe bel et bien une place pour les acteurs non bancaires dans ce secteur. Difficile, en effet, d'imaginer qu'Orange, une entreprise d'autant plus prudente que l'Etat figure parmi ses actionnaires, se soit lancée la fleur au fusil dans la banque en ligne, sans s'être au préalable entourée d'une armada de conseillers. Non, si le groupe dirigé par Stéphane Richard a décidé de partir à la conquête des services financiers, c'est parce qu'il s'estime légitime sur ce terrain.

De fait, selon un sondage réalisé en septembre par le cabinet de conseil en stratégie Simon-Kucher & Partners, et publié le 11 décembre, 19% des Français interrogés se disaient prêts à devenir clients d'Orange au cas où l'opérateur télécoms proposerait des services bancaires. Une proportion qui plaçait Orange devant ses concurrents Free (18%) et SFR (14%), mais également devant les Gafa (Google (18%), Amazon (16%), Facebook (16%) et Apple (15%)), dont les velléités de développement dans le secteur bancaire relèvent du secret de polichinelle. « Facebook semble s'orienter, du moins sur le marché américain, vers des prestations financières, à commencer par la possibilité d'envoyer des sommes d'argent à ses contacts », rappelle Simon-Kucher. De leur côté, Apple et Google ont investi le créneau des paiements et pourraient bien ne pas en rester là, à l'image d'Amazon, qui, non content de proposer du paiement en ligne, a élargi l'été dernier sa diversification au crédit aux PME en Europe.

Les géants chinois du web dans la course

« Les usages quotidiens de multiples services en ligne entraînent un certain mélange des genres », explique Simon-Kucher. En effet, quoi de plus pratique, à l'avenir, que de passer par une plateforme unique, qui proposerait toute la panoplie des services en ligne, de l'achat de biens de consommation courante à la souscription de produits bancaires, en passant par la lecture de médias? C'est bien pour offrir toujours plus de services à leurs clients que les géants chinois du Web ont multiplié les incursions dans les services financiers, l'an dernier. La banque en ligne WeBank, détenue à 30% par Tencent, opérateur de la très populaire messagerie WeChat, a ouvert début 2015 et totalisait déjà 3 milliards de yuans (427 millions d'euros) prêtés à la fin septembre. Une somme identique à celle revendiquée par My Bank, lancée en juin par Alibaba, le numéro un chinois du commerce électronique. Il y a moins de deux mois, c'était au tour de Baidu, le « Google chinois » de prendre pied dans la banque en ligne, en partenariat avec le groupe financier Citic Bank.

Les partenariats avec des acteurs traditionnels de la finance semblent d'ailleurs être un éléments-clé pour permettre aux nouveaux entrants de se développer dans les services bancaires. Les chiffres sont en effet éloquents : alors que 16% seulement des Français interrogés par Simon-Kucher envisagent d'utiliser Facebook pour certaines opérations bancaires comme le transfert d'argent à des amis, la proportion des personnes intéressées grimpe à 30% si elles ont la certitude que le réseau social opérera en partenariat avec une banque. « La question de fond reste la légitimité des acteurs majeurs du « online » à proposer des prestations bancaires en toute autonomie », souligne Simon-Kucher.

Banque complémentaire ou concurrente?

Il faut dire que, malgré le capital-sympathie dont bénéficient les géants du Web auprès des consommateurs, les banques continuent de se poser là, en tant que tiers de confiance. D'après la 29ème édition de l'Observatoire de l'image des banques, publiée le 8 juillet par la Fédération bancaire française et l'institut de sondages BVA, 87% des Français ont moins confiance dans les Gafa que dans les banques, en matière de sécurisation de leurs données et de leurs transactions bancaires. Un chiffre qui ressort à 76% dans le cas des opérateurs de téléphonie. Orange ne s'y est pas trompé, qui a choisi de prendre purement et simplement le contrôle de Groupama Banque afin de lancer « Orange Banque » en France, début 2017.

Celle-ci proposera toute la gamme des services bancaires, de la banque au quotidien aux placements, via l'assurance et le crédit à la consommation. Pour autant, que les établissements bancaires traditionnels se rassurent, Orange Banque aura davantage vocation à être une banque complémentaire que la banque principale de ses clients. Se substituer à la banque habituelle de leurs clients, c'est pourtant le but poursuivi par la plupart des « pure players » de la banque en ligne, afin de rentabiliser la relation bancaire. Car si tous sont des filiales de groupes bancaires, ils opèrent sous des marques différentes de celles de leur maison-mère, ce qui génère d'importants coûts d'acquisition de clients. Mais justement, le « business model » d'Orange Banque est différent, cette dernière pouvant capitaliser sur la notoriété de l'opérateur de télécoms.

Illustration(s) :

© Regis Duvignau / Reuters

© 2016 La Tribune. Tous droits réservés.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banque/les-acteurs-non-bancaires-se-font-une-place-au-soleil-des-services-financiers-540374.html

 

Les Echos, no. 22101

Idées & Débats, mercredi 6 janvier 2016, p. 9


Les éditoriaux des « échos »

Les banques face au défi de la mobilité

GUILLAUME MAUJEAN

Cela fait bien longtemps que nos téléphones nous servent à autre chose qu'à passer des coups de fil. En quelques années, ils se sont transformés en véritables couteaux suisses. Ils font office de réveil, de lampe-torche, d'appareil-photo ou de mini-caméra. Ils nous donnent accès à notre courrier électronique, remplacent le journal pour s'informer le matin, deviennent des écrans pour regarder des programmes audiovisuels, écouter de la musique, jouer en ligne ou partager ses derniers exploits sur les réseaux sociaux... Et,parfois, il nous arrive de téléphoner avec.

On ne compte plus le nombre d'industries chamboulées par ces nouveaux usages. Et la banque ne sera pas la moindre d'entre elles. D'ici cinq ans, nous dit une étude récente de KPMG, le « mobile banking » va doubler de taille pour toucher 1,8 milliard d'utilisateurs. Il est déjà devenu la norme dans plusieurs pays d'Afrique comme en Corée du Sud ou en Pologne. En France, le marché n'a pas encore vraiment décollé. La plupart des grands réseaux bancaires ont certes leurs applications dédiées. Les spécialistes, qui sont souvent des filiales de grands établissements comme Boursorama (Société Générale), Hello Bank (BNP Paribas) ou Fortuneo (Crédit Mutuel Arkéa) ont commencé leur percée. Et il est désormais possible de payer ses achats dans certains commerces avec son smartphone. Mais la vague n'a pas tout renversé sur son passage. Pas encore.

L'offensive d'Orange, qui vient de porter son dévolu sur Groupama Banque pour lancer son offre bancaire, pourrait accélérer les choses. Tout comme les ambitions d'un Apple ou d'un Samsung dans les paiements. Car, pour les nouvelles générations, les banques seront dans la poche ou ne seront pas. Déjà, la plupart des trentenaires utilisent chaque jour leur mobile pour consulter leurs comptes, gérer leur budget ou virer de l'argent. Ils s'en servent aussi pour contacter leur conseiller, par voix ou par tchat. On ne fréquente désormais plus les agences que pour des circonstances exceptionnelles, à l'occasion d'un emprunt immobilier ou d'un divorce. Et de nouveaux acteurs émergent - les FinTech - qui révolutionnent à leur tour les habitudes de consommation bancaire. Bercy rêve de renforcer la concurrence entre banques et de faire baisser les frais bancaires en facilitant la mobilité d'un établissement à un autre. Pas la peine de se fatiguer. La banque mobile va faire le travail à sa place.

© 2016 Les Echos. Tous droits réservés.

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16. Naufrage de DEXIA

Quel naufrage et ce n'est pas fini: il y en a pour des dizaines d'années. Au terme il y en aura pour des dizaines de milliards de pertes financées en très grande partie par les contribuables (à dose homéopathique sur des dizaines d'années), sans compter les dommages collatéraux, par exemple sur les salariés et les collectivités locales embourbées dans les prêts toxiques, supportés par les contribuables locaux. 

Les dirigeants coulent des jours très heureux, avec des retraites chapeaux très confortables et pas remises en cause. Et les failles de la gouvernance, en particulier l'incurie de l'Etat et de la Caisse des Dépôts dans la gestion de cette participation (les dirigeants livrés à leurs folies) sont passées sous silence. Ne parlons pas non plus de la supervision bancaire qui a été totalement inopérante pour endiguer ce naufrage.

Pourquoi donc tirer des enseignements? Même le gouverneur de la BDF oubliait de parler de DEXIA en affirmant que tout allait bien dans les banques! Guy Laplagne.

Les Echos, no. 22103

Finance & Marchés, vendredi 8 janvier 2016, p. 26

BANQUE

Dexia en passe de vendre sa tour à la Défense

SHARON WAJSBROT

La banque va engager la mise en vente de sa tour début février, mais restera locataire d'une partie du site.

Dexia poursuit la rationalisation de ses activités de back-office.

C'est tout un symbole. Près de dix ans après avoir pris ses quartiers à la Défense, Dexia va mettre en vente sa tour, celle qui a abrité sa faillite retentissante pendant la crise financière. Le processus n'est pas encore officiellement enclenché, mais « il le sera début février », précise un proche de la banque, confirmant des informations de « La Lettre de l'Expansion » .

Pour Dexia, qui tente de se défaire peu à peu de ses actifs sans alourdir la charge de sa faillite pour les contribuables français et belges, c'est une nouvelle étape de son long démantèlement. Grâce à de multiples cessions, la banque franco-belge a déjà réduit son bilan à 238 milliards d'euros, contre 413 milliards d'euros fin 2011. En se délestant de cette tour emblématique, l'établissement espère mincir encore un peu. Mais, surtout, il espère en tirer quelques bénéfices. « Le moment est propice pour se défaire d'un tel actif, les liquidités sont abondantes et le marché dynamique », précise un proche de la banque. Pour mémoire, Dexia avait été le premier occupant de cette tour de 142 mètres de haut qu'elle avait acquise pour près de 300 millions d'euros en 2005. La banque occupait alors ses 31 étages, contre à peine 14 aujourd'hui.

Pour les 660 salariés du groupe, qui travaillent toujours pour la banque à Paris, cette cession ne devrait toutefois pas les contraindre à déménager. « Nous cherchons un acquéreur qui nous concède un bail d'au moins neuf ans », explique un responsable syndical du groupe.

Desserrer l'étau

Si une telle opération aboutit dans des conditions favorables pour Dexia, elle lui permettrait de desserrer quelque peu l'étau de son démantèlement. Le groupe est certes repassé dans le vert pour la première fois depuis la crise cet été et a publié un résultat net de 127 millions d'euros à la fin du troisième trimestre 2015. Mais il reste très fragile face aux sursauts des marchés et à la progression de ses coûts opérationnels.

Dans la gestion de ses activités de marché, ce sujet est d'ailleurs brûlant, puisque la banque est contrainte de continuer d'investir dans la modernisation de ses systèmes d'information quand bien même ses portefeuilles de prêts se réduisent. Pour y remédier et réduire sa base de coûts opérationnels, Dexia avait engagé des discussions avec Société Générale et Crédit Agricole au premier semestre pour confier à l'une de ces banques la gestion de certains de ses flux de back-office. Selon nos informations, c'est la banque de la Défense qui s'est imposée comme prestataire, même si la décision de lui confier le traitement de ces opérations n'est pas encore formellement prise (des audits sont en cours).

Pour les équipes, une telle alternative entraînerait le départ de plusieurs dizaines de salariés vers l'autre banque de la Défense, et aussi des suppressions de postes en interne.

Sharon Wajsbrot

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Devez-vous répondre aux demandes d’informations de votre banque ?

Il est nécessaire de lutter contre le blanchiment et le financement du terrorisme. 

Mais de façon adaptée et efficace. Ici les banques se contentent de courriers comminatoires, sans explication et sans entretien adapté avec les clients, avec un service téléphonique payant! Quelle bureaucratie et quelle dictature.... 
Les banques pensent ainsi justifier auprès des autorités de contrôle (l'APCR surtout) qu'elles font leur travail. En fait, ce genre de campagne ne saurait valoir surveillance régulière des opérations sur tous les comptes. 
Avec tout ce qu'elles font payer, elles ne sont pas capables de faire correctement leur travail. 
Ce qui serait encore plus édifiant serait de savoir ce qui est fait de ces questionnaires et des réponses, avec quels rapprochements de ce qui se passe sur les comptes...pour faire une chasse efficace contre les fraudeurs en tout genre.
Il faudrait aussi clarifier l'utilisation commerciale que peut être faite des données collectées auprès des clients. Le conseil bancaire ne peut être adapté que si certaines informations sont recueillies et s'il y a aussi compétence suffisante des conseillers dans la banque (ce qui devient de plus en plus rare faute de formations régulières adptées). Les clients ont droit à la protection de leur vie privée et devraient pouvoir interdire l'utilisation à des fins commerciales des données fournies: quand l'APCR va-t-elle clarifier les règles de proctection de la clientèle?  
Est ce cette mascarade qu'on appelle la connaissance client actualisée? Pourquoi l'APCR accepte-t-elle cette situation? Les inspecteurs sont-ils assez au fait de la vie quotidienne des citoyens? Notons à nouveau la passivité totale du ministre des finances face à ces dérives, et la passivité du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) et des associations de consommateurs sur ces pratiques...
Il serait aussi utile de savoir avec des statistiques adptées les suites que les banques réservent à ces campagnes: taux de réponses, % de réponse sur les différentes questions (à normaliser sur ce qui peut être effectivement demandé), nombre de séparations/clôture de compte ou de déclarations de soupçon auprès de Tracfin après étude...
Au lieu de faire un lobbying sans aucune limite pour gagner toujours plus d'argent, la FBF ferait bien surtout d'effectuer un travail d'information de fond objectif vers les clients, y compris pour prévenir les fraudeurs en tout genre de ce qui va se passer à leur encontre. 
La lutte contre les fraudeurs reste très insuffisante comme nous ne cessons de le dire. 
Et les banques n'ont qu'à avoir des entretiens véritables avec les clients selon la stratégie relationnelle choisie par les clients (face à face, par téléphone, par internet, par correspondance...).
Avec une communication et une pédagogie adaptées vu les tarifications prélevées sur les clients.
On peut toujours rêver... 
Que va-t-il rester au fil du temps de ce métier de banque de détail?  
Guy Laplagne. 
 
 
 

Devez-vous répondre aux demandes d’informations de votre banque ?

Les demandes d’informations personnelles envoyées par les banques à leurs clients sont-elles vraiment obligatoires ? Avez-vous le droit de ne pas tout leur dire ? Deontofi.com répond. (photo © GPouzin)

Comme ceux d’autres grands réseaux bancaires, dont la Caisse d’épargne il y a quelques années, les clients de BNP Paribas ont reçu un courrier avec un questionnaire assez inquisitoire, présenté comme obligatoire, leur demandant de nombreuses informations personnelles et confidentielles, sur leur activité et situation professionnelle, leurs revenus et l’étendue de leur patrimoine, en les priant notamment d’indiquer leur patrimoine immobilier et leurs placements financiers en dehors de ceux détenus dans cette banque.

Cinq minutes pour comprendre :
Retrouvez ici l’interview TV sur ce thème dans l’émission Ecorama du 4/1/2016

A plusieurs reprises, la banque insiste sur le fait que sa démarche s’inscrit dans un cadre obligatoire. En haut à gauche de la lettre on lit « IMPORTANT – OBLIGATION LEGALE« .

Le premier paragraphe indique « La réglementation bancaire en matière de prévention du blanchiment (…) impose à chaque établissement bancaire une connaissance actualisée de ses clients ». Au second on lit « il est donc indispensable de nous retourner la fiche ci-après complétée (…) avant le 18 janvier 2016″, suivi des coordonnées d’un centre d’appel payant (0,12€/minute) pour ceux qui voudraient en discuter ou avoir des précisions à leurs frais.

Beaucoup de clients qui reçoivent ce type de questionnaire le ressentent comme une intrusion dans leur vie privée. Les clients sont souvent agacés par le ton comminatoire employé pour leur extorquer ces informations, certains se sentent même agressés par ce qu’ils vivent comme une atteinte à leurs libertés individuelles.

Dans un effort louable de pédagogie, sûrement bien intentionné, la BNP accompagne sa missive d’un joli dépliant bilingue franco-anglais intitulé « Mieux vous connaître est une obligation légale », répondant à quatre questions soigneusement choisies.

Quelle est la nature des informations que BNP Paribas peut me demander ?
En réponse, BNP Paribas explique vaguement être « tenu par la loi (…) d’avoir une connaissance actualisée de ses clients ». Pour prendre en compte votre situation professionnelle et financière, dans le cadre de son devoir de conseil, votre banque a effectivement besoin de connaître votre activité, le montant et la provenance de vos revenus ainsi que la composition et l’étendue de votre patrimoine.

Rien de neuf, et surtout rien d’obligatoire ici pour les clients. Il s’agit d’une habile confusion entretenue par la banque entre ses obligations de lutte anti blanchiment, vis-à-vis des autorités, et son obligation de connaissance du client dans le cadre de ses activités commerciales et des conseils prodigués pour caser ses produits.

Avant de décider de répondre ou non à ce type de questionnaire, partiellement ou totalement, un petit rappel s’impose.

Pour avoir les idées claires sur ce sujet, Deontofi.com vous rappelle quelques règles

1/ L’interdiction d’anonymat des comptes bancaires en France
La seule véritable obligation que vous avez vis-à-vis de votre banque, est de fournir des preuves de votre identité et de votre lieu de résidence, c’est-à-dire une copie de pièce d’identité et une attestation de domicile.

2/ L’obligation de vigilance anti-blanchiment
Dans le cadre de leurs obligations de lutte anti-blanchiment, les banques ont un devoir de vigilance qui consiste à surveiller les mouvements de fonds sur les comptes de tous leurs clients et de faire un signalement, ou déclaration de soupçon, à l’organisme français de lutte anti-blanchiment Tracfin, dès lors qu’ils détectent des mouvements de fonds de nature, de fréquence ou de montants inhabituels.

Dans le cadre de ce devoir de vigilance, les banques ont l’obligation de vérifier auprès de leurs clients l’origine des fonds versés ou transitant sur leurs comptes. Elles ont aussi l’obligation de vérifier la destination des paiements ou virements, mais elles s’en préoccupent beaucoup moins souvent, comme on l’a vu dans le scandale des placements bidon en lettres et manuscrits d’Aristophil, dans des affaires de fraudes au faux président, ou lorsque des clients se font vider leurs comptes par la mafia des escrocs du trading Forex.

Le fait que la banque ait l’obligation de vous demander l’origine de vos fonds, ne signifie pas que vous aillez l’obligation de la lui indiquer. Si vous estimez que votre argent est d’une provenance parfaitement légale et justifiable, vous pouvez refuser de répondre aux demandes de la banque. Dans ce cas, la banque peut effectivement effectuer une déclaration de soupçon concernant votre compte, voire le fermer si elle estime que vous êtes un client à risque.

En pratique, il y a peu de risque que les banques procèdent de la sorte avec la plupart de leurs clients particuliers dont on n’a pas de raison particulière de penser qu’ils participent à un circuit de blanchiment d’argent sale ou criminel.

Voilà pour ce qui concerne les obligations de vigilance des banques dans le cadre des dispositifs anti-blanchiment.

3/ L’obligation de connaissance du client
Contrairement à ce que peut laisser penser la présentation par certaines banques de leur démarche d’inquisition, l’obligation de connaissance des clients est totalement indépendante de leur devoir de vigilance dans le cadre des dispositifs anti-blanchiment.

L’obligation de connaissance des clients a toujours existé, même si elle est assez mal respectée par beaucoup de banques. L’origine de cette obligation relève du bon sens : pour donner un conseil financier approprié à un client, que ce soit pour lui fournir un crédit ou lui fourguer des placements sous emballages, le conseiller ou la banque doivent s’assurer que leur prescription est adaptée à la situation, aux projets et aux besoins de chaque client.

Cette obligation de connaissance des clients pour leur fournir un conseil approprié étant peu ou mal respectée, elle a été renforcée depuis novembre 2007 par l’entrée en vigueur de la directive sur les marchés d’instruments financiers (directive MIF ou MIFID directive en anglais), sur laquelle s’appuient les banques pour envoyer régulièrement à leurs clients des « questionnaires de connaissance clients ».

En pratique, cette obligation est malheureusement souvent dévoyée par les banques, plus motivées par leur propre intérêt que celui de leurs clients. Car le fait de vous soumettre à l’interrogatoire en répondant consciencieusement à ces questionnaires de connaissances clientsne vous met pas à l’abri de prescriptions inappropriées, comme en témoignent de nombreux litiges.

Pire. On peut soupçonner certaines banques d’utiliser les informations confidentielles que vous leur donnez pour affuter leurs stratégies marketing et campagnes commerciales, en vous conseillant par exemple de vous endetter pour acheter votre logement plutôt que de vendre vos placements, alors que l’intérêt d’un tel conseil est éminemment discutable, voire totalement contestable.

A l’inverse, que se passe-t-il si vous ne répondez pas au questionnaire de connaissances clients ? Rien du tout. La banque n’a tout simplement pas le droit de vous formuler un conseil, c’est-à-dire de vous vendre ses produits de sa propre initiative. Mais cela ne vous empêche en rien de souscrire à ses produits et services, si vous estimez en avoir besoin, et quand vous le choisissez.

En clair, vous n’avez aucune obligation de répondre aux questionnaires inquisitoires que vous adressent vos banques sur un ton comminatoire. La banque a bien l’obligation de vous poser toutes les questions qu’elle veut, mais en dehors de fournir une pièce d’identité et un justificatif de domicile, vous avez le droit de jeter à la poubelle toutes les autres enquêtes inquisitoires de votre banque si cela vous chante.

Pour aller plus loin, on pourrait cependant nuancer cet avis, en particulier dans le cadre d’un débat constructif avec les professionnels de la finance, confrontés aux difficultés de remplir leurs obligations dans une organisation à grande échelle, avec ses milliers d’agences et ses millions de clients.

Evidemment, sur le fond, il est important pour une banque de mieux connaître ses clients, et le travail des personnes chargées d’identifier, de collecter et d’exploiter ces informations utiles aux banques pour faire leur travail et remplir leurs missions dans le respect de nombreuses réglementations, n’est certainement pas simple.

Mais sur la forme, l’expérience et les sondages sur le terrain réalisés par Deontofi.com tendent à montrer que les banques s’y prennent mal et qu’elles pourraient facilement améliorer leurs méthodes et leurs documents, si elles voulaient réconcilier les clients avec ce type de questionnaire, obtenir des réponses plus fiables dans le cadre d’une relation de confiance rétablie avec leurs clients.

Comme nous le rappelons en permanence dans la ligne éditoriale de Deontofi.com : « Observer la finance sous l’angle de la déontologie, c’est analyser ses dérives pour comprendre leur enjeu par une information pertinente, pédagogique et pratique qui aide chacun, consommateur ou professionnel, à prendre conscience des pratiques contestables et des améliorations souhaitables ».

Dans le cadre de notre engagement pour améliorer la déontologie financière Deontofi.com propose aux professionnels de la finance et de la banque son expertise pour aider les institutions financières à mieux remplir leurs obligations légales dans l’intérêt des clients.
Retrouvez ici les services aux professionnels proposés par Deontofi.com.

Cinq minutes pour comprendre :
Retrouvez ici l’interview TV sur ce thème dans l’émission Ecorama du 4/1/2016
 
http://deontofi.com/devez-vous-repondre-aux-demandes-dinformations-de-votre-banque/

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05 janvier 2016

Panne géante chez HSBC au Royaume-Uni

Il va être temps pour les banques de se regénérer, au lieu de tomber dans la torpeur bureaucratique. Les risques opérationnels ou de non-conformité à la réglementation sont bien réels et il convient sans cesse d'y consacrer les compétences et les moyens nécessaires. A force de vouloir accroître sans cesse les bénéfices, on finit par le perdre de vue et les autorités de régulation (APCR en France) laissent trop dériver. Il faudra en payer le prix en termes d'impacts de tous ordres. Guy Laplagne. 

Panne géante chez HSBC au Royaume-Uni

ETIENNE GOETZ / EDITEUR WEB | LE 05/01 À 16:07, MIS À JOUR À 17:15


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021597495350-panne-geante-chez-hsbc-au-royaume-uni-1189710.php?DgxubkJjZfEDxyg4.99

Depuis près de 24h, des milliers de clients de HSBC ne peuvent plus accéder à leurs comptes bancaires via Internet. Il s’agit de la deuxième panne d’envergure en moins de 6 mois chez la banque britannique.

Décidément, les banques britanniques ont quelques peines avec leurs réseaux informatiques. Des milliers de clients d’HSBC au Royaume-Uni ne pouvaient toujours pas consulter mardi, pour le deuxième jour consécutif, leur solde bancaire ou effectuer des opérations via les services en ligne en raison d’un incident technique touchant le réseau informatique.

Lundi, déjà un problème similaire concernait l’application mobile de la banque. Ce dernier a été résolu un peu plus tôt dans la journée de mardi, mais le service peut être ralenti, prévient la première banque britannique.

Prélèvements indus

Par ailleurs, selon le « Financial Times », certains de ses clients auraient été prélevés de 5 livres de frais pour découvert quand bien même leur compte était suffisamment provisionné. Sur son fil Twitter, l’établissement assure que « les frais pouvant découler de cette interruption seraient effacés ».

La raison exacte de cette panne n’a pas encore été communiquée. Sur Twitter, la banque explique avoir « identifié un problème technique avec ses services bancaires en ligne » et « s’efforce de résoudre le problème ». Selon une source du « Financial Times » , il pourrait s’agir d’une attaque par « déni de service », consistant à saturer de connexions un site Internet pour le rendre incapable de répondre à toute demande.

Fin août, HSBC avait déjà été victime d’une panne intervenue un vendredi, jour de paye. Le salaire de nombreux britanniques n’avait alors pas pu être versé. A l’époque, c’était le BACS, le système des paiements électroniques, qui était en cause. HSBC n’est pas la seule banque à connaître des déboires de la sorte. En juin, son concurrent RBS n’avait pas été en mesure d’effectuer quelque 600.000 transactions.

Réaction politique et colère des clients

Le président de la Commission du Trésor de la chambre des Communes, Andrew Tyrie, a fustigé ce nouveau raté technique de la principale banque d’Europe: « A peine six mois après le dernier problème de ses systèmes informatiques peu performants, HSBC s’excuse encore auprès de ses clients ». « La fréquence de ces pannes dans les services financiers témoigne d’un défaut structurel dans l’infrastructure des communications. Je vais demander au directeur général de HSBC et aux régulateurs d’expliquer ces pannes et d’agir pour les prévenir. Elles ne font que se répéter », a-t-il dénoncé.

Un certain nombre de clients bloqués appelaient à l’aide , d’autres se moquaient de leur banque ou la critiquaient vertement sur les réseaux sociaux. « Il faut que je paie l’apport personnel pour la maison mais le service bancaire en ligne de HSBC est toujours en panne après deux jours! », s’inquiétait ainsi Leah Sargeant du Gloucestershire (sud-ouest de l’Angleterre) sur Twitter, où Tristan Bailey, de Brighton (sud-est), ironisait : « Formidable, la panne du système internet de HSBC entraîne l’encombrement de ses lignes téléphoniques ».


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021597495350-panne-geante-chez-hsbc-au-royaume-uni-1189710.php?DgxubkJjZfEDxyg4.99

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